Marc Giouse

Adhérent de DEMAIN

Le Labo. Tu te demandes peut-être pourquoi tu es régulièrement invité.e à faire tes courses alimentaires dans cette petite boutique intermittente qui ne fonctionne qu’une fois par quinzaine au fin fond du 8e arrondissement.
« Eh bien ici, on expérimente le fonctionnement de notre futur supermarché collaboratif « , répond Françoise qui pianote sur un ordinateur portable. Avec Anne installée à ses côtés, elles font correspondre les bons de livraison des marchandises qui sont proposées ce mercredi aux factures des fournisseurs.

Pourquoi avoir baptisé cet embryon d’épicerie, le Labo ?
« Parce que depuis mai 2018 et pour encore quelques mois, elle nous sert de laboratoire, répond Anne. C’est une sorte de préfiguration de l’épicerie, puis à terme, du supermarché qui nous mobilise tous. Au labo, on teste en situation réelle notre système de comptabilité, on développe un réseau de producteurs, on accueille et on cherche à satisfaire de vrais clients ».

« Au démarrage, c’était brouillon, raconte Françoise. La réception des grosses livraisons était chaotique, la distribution pas assez précise et nos documents souvent flous. On a fait un retour sur nos erreurs et on s’est amélioré sur tous les tableaux ».  Pour la distribution par exemple, au début toutes les commandes étaient préparées entre 16 et 18h et la vente proprement dite n’était ouverte que pendant les deux heures suivantes. Depuis trois mois, les adhérents-clients peuvent venir dès 16h et jusqu’à 20h pour récupérer leur commande, qui est préparée sous leurs yeux. « C’est plus simple, plus précis et ça facilite les échanges sur la nourriture proposée », explique Anne.

Sur les tables disposées en U, six bénévoles du Labo ont exposé des légumes et des fruits de saison, bio ou cultivés raisonnablement, un assortiment de pains artisanaux et de fromages de producteurs, des bières locales, du vin, des jus et d’autres produits comme les miels qui sont venus s’ajouter à l’offre initiale. « Ici on apprend les ficelles du métier en jouant à la marchande », avoue Isabelle dans un éclat de rire. Elle fait partie des épicières expérimentées qui peuvent désormais conseiller et rassurer ceux et celles qui intègrent l’équipe du Labo et qui n’ont aucune compétence dans la vente de produits de consommation.
Former : c’est tout l’intérêt de cette petite entreprise qui reçoit ce soir-là cinquante huit acheteurs et acheteuses. « On est monté à soixante-dix commandes par semaine, précise Christine qui officie à la caisse, jonglant entre un ordinateur, une tablette et un lecteur de carte bleue. 
Mais soixante à soixante dix acheteurs par mercredi, ce n’est pas suffisant ! ». Insuffisant en effet pour faire tourner à plein ce formidable centre d’apprentissage que constitue le Labo.

Voilà pourquoi tu es le/la bienvenu.e comme acheteur/teuse et/ou comme vendeur/euse, un mercredi sur deux, entre 16 et 20h.  

A bientôt au Labo ?